S’il faut croire les sondeurs, c’est Pauline Marois qui va prendre le volant dès cette semaine.
Le pire choix au pire moment.
Alors que le Québec s’endette à un rythme inquiétant, qu’au fédéral, le ministre des Finances admet qu’on pourrait retourner bientôt en déficit, alors que les caisses de retraite souffrent de déficits chroniques, le parti qui aspire au pouvoir présente une équipe économique famélique.
Alors que nous devrions être obsédés par la création de richesse et l’indépendance économique, le colonne vertébrale du PQ, en 2012, s’articule autour de l’identité.
La promesse la plus infantilisante du PQ fut celle d’interdire l’accès au Cégep anglophone pour les francophones.
Pauline Marois a même déclaré hier en point de presse: « Les fonds publics ne serviront pas à angliciser les Québécois ».
Une déclaration sotte, totalement révoltante pour les défenseurs de la liberté, pour ceux qui croient qu’en 2012, des adultes peuvent choisir leur destinée.
La future présidente d’un pays veut empêcher par une loi des adultes nés au Québec, issus de la classe moyenne, d’apprendre la langue du monde des affaires! Une mesure inqualifiable qui mériterait d’être condamnée par les Nations-Unies!
Seulement 5% des francophones fréquentent les cégeps anglos. Pourquoi en faire tout un plat, me répondent les nationalistes? Justement, pourquoi en faire une proposition de campagne? Pourquoi couper les ailes aux francophones ordinaires qui n’ont justement pas les moyens d’aller profiter d’un onéreux stage d’immersion à l’étranger? Pourquoi fermer une fenêtre vers l’extérieur, pourquoi fermer la porte vers une capacité d’enrichissement?
Une bataille juridique épique est au programme contre les cégeps anglophones et CONTRE des adultes francophones épris de liberté.
Mais le PQ compte bien payer une multitude d’avocats avec VOTRE ARGENT pour défendre sa loi, quitte à aller jusqu’en Cour Suprême.
Cette démonisation de la richesse est accompagnée d’une douteuse tentative de purification du tissu social. Selon l’un des grands penseurs de la Nouvelle Gauche, un immigrant de Bordeaux passera le fil d’arrivée des dédales de l’immigration avant le riche investisseur de Shanghai, même si ce dernier parle le français de Bernard Derome!
Même si ce riche chinois parlant français possède 300 millions dans son compte de banque et qu’il s’engage par écrit à investir dans la construction d’une usine à Drummondville pour créer 350 jobs, il passera… deuxième sous le règne péquiste!
Il est «MOINS BON» qu’un Bordelais, parce que voyez vous, le sapré Chinois demandera à sa fille d’aller se brosser les dents EN CANTONAIS, pas EN FRANÇAIS, il appellera sa mère EN CANTONAIS, pas EN FRANÇAIS et il écoutera les nouvelles chinoises – pas celles de Radio-Canada – sur son iphone dans son char.
Sur Planète Pauline, la langue parlée dans le sous-sol et au salon comptera, bien avant la création de richesse.
Sur Planète Pauline, ceux qui veulent participer à la vie démocratie devront passer un test de français.
Sur Planète Pauline, c’est l’anglais l’ennemi.
Parce que oui, sur Planète Pauline, Stephen Harper est l’incarnation de Wolfe et même si le gouvernement conservateur actuel est celui qui a le plus respecté les champs de compétence provinciaux depuis des lunes, eh bien, dans la mythologie péquiste, il est l’agresseur.
Celui qui dira NON, celui par qui va venir le rejet. Celui par qui va passer le stimuli émotionnel des Québécois.
Parce que les Québécois, pour les Péquistes, ont besoin d’électrochocs.
Actuellement, la grande majorité en ont rien à foutre de la souveraineté en 2012.
C’est simple, c’est clair.
Clair comme dans « ils n’ont rien à foutre de leur long-jeu de Frampton Live, de leur chemise saumon qu’ils portaient au bal des finissants, des Bee Gees, de leur photo avec la Corvette du cousin prise en 1977 au Lac Gareau et de ces autres photos la Laurentide à la main lors d’un show de Garolou ».
On vit dans le présent. Et dans le présent, les Québécois veulent être soignés et être sécurisés. Ils veulent que leur argent soit BIEN GÉRÉ! Est-ce si difficile à comprendre, bordel?
Mais en coulisses, les boomers nostalgiques et les rêveurs n’en ont QUE DALLE de nos petits désirs de bonne gestion.
Car EUX, dans le Saint des Saints, avec les chums de la CSN, ils ont la vérité.
Ils croient que nous, quand nous nous ferons dire NON 47 fois en 4 mois par les méchants conservateurs, quand les diaboliques commentateurs du Edmonton Sun ou du Vancouver Province auront écrit QUEBEC GO HOME, alors là, on aura de la grosse peine.
Et alors là, la CSN, la FTQ et la CSQ, les TROIS GRANDES SOEURS DU PQ, pourront partir la pétition du RIP arrangée avec le gars des vues, sur les chantiers de construction, dans les hôpitaux, les garderies, les écoles, les CHSLD, les CLSC et j’en passe.
Trop peu de reporters se sont penchés sur l’APRÈS. Sur cette stratégie secrète du PQ, un plan trop peu discuté, trop peu documenté. Les électeurs, avant de voter demain, étaient pourtant en droit de savoir en quoi va consister ladite STRATÉGIE.
Une stratégie qu’on pourrait appeler dans le jargon militaire américain, «shock and awe», choc et effroi.
Une stratégie dont l’objectif est de
« porter atteinte à la volonté, au ressenti et à la capacité de compréhension de l’adversaire qui lui permettent de s’adapter ou de répondre à notre politique stratégique, en imposant un régime de Choc et d’effroi ». De plus, la domination rapide permet « d’imposer un niveau de choc et d’effroi tel que la volonté de l’adversaire de continuer la lutte soit anéantie [..., et de] prendre le contrôle de l’environnement, et paralyser les perceptions de l’adversaire et ses capacités de compréhension ou tant les saturer que l’ennemi se retrouve incapable de résister sur les plans tactique et stratégique. ».
Bombarder le fédéral de demandes de rapatriement de tel ou tel pouvoir, sur toutes les tribunes. À commencer par le Conseil de la Fédération et Pauline ira se chicaner avec ses homologues devant les caméras de la CBC et de CTV, si la chance lui sourit…
La Presse avait dévoilé certains aspects de cette stratégie, le 12 août dernier.
Depuis, plus rien!
On ne sait même pas combien de fois le comité de stratégie référendaire s’est réuni!
Il n’est pas clair de savoir à combien de reprises le comité péquiste s’est réuni depuis sa création. «Trois ou quatre fois», dira Daniel Paillé. «Entre cinq et 10», corrigera Alexandre Thériault-Marois. Quoi qu’il en soit, en marge des réunions de groupe, chacun de leur côté, les membres du comité et les experts consultés, qui agissent bénévolement, ont fait leur travail, dit-on.
Beaucoup de boulot a déjà été abattu depuis février, indiquent les principaux leaders du comité. «On est loin des balbutiements», commente le vice-président du comité et chef du Bloc québécois, Daniel Paillé.
«Le but était d’en faire vraiment le plus possible avant qu’on soit porté au pouvoir. Je pense qu’on peut dire: mission accomplie», commente le président de la commission politique du parti et membre du comité, Alexandre Thériault-Marois.
Ce «mission accomplie» là m’inquiète.
Le train référendaire sera donc remis sur les rails, propulsé à même les fonds publics, et cela même si 2 Québécois sur 3 auront voté CONTRE PAULINE!
Les fédéralistes seront totalement désarticulés, désorganisés.
Le seul Québécois qui a présentement une légitimité et un poids politiques autant au Québec (par le nombre d’élus) qu’à Ottawa, c’est… le chef du NPD Thomas Mulcair!
Quelqu’un qui a le charisme d’un pasteur luthérien saura-t-il rallier à lui toute une cause, celle de «sauver le Canada»?
Permettez-moi d’en douter.
L’élection n’est pas passée que le Canada a déjà l’air d’un club qui s’en va en Finale de la Coupe Stanley avec son troisième gardien et un marqueur de 12 buts comme premier joueur de centre.
Est-ce que Pie XII avait vraiment dit «Pauvre Canada» en prenant connaissance du Troisième secret de Fatima?