BALADE ANTI-TERRORISME EN MÉTRO

- 13 mai 2012

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Samedi matin, je devais faire des courses. Comme je le fais régulièrement quand je suis pressé, j’emprunte le métro, sans y penser ni me poser de questions.

Un coup confortablement assis dans le wagon, les images de bombes fumigènes me sont montées à la tête. Quelques bancs plus loin, un jeune étudiant, qui portait son ***** de carré rouge, lisait tranquillement son journal.

J’ai eu un malaise. On était trois ou quatre passagers à le regarder de travers. Le petit morceau de tissu rouge ne signifiait soudainement plus la sympathique cause de l’accessibilité universitaire.

MON MUR FACEBOOK

Mi-sérieux, j’écris alors sur les médias sociaux: « Se promener avec un carré rouge dans le métro de Montréal aujourd’hui, c’est comme porter une burka dans un avion au lendemain du 11 septembre. Ça rend les gens autour de vous très nerveux et suspicieux. »

Comme dans toute bonne blague, elle s’appuie sur un fond de vérité.

Le sentiment qui m’habitait ce week-end dans le souterrain montréalais s’apparente sans aucun doute à celui-là même ressentit par plusieurs dizaine de milliers d’entre vous ces derniers jours.

Je ne dis pas que c’est rationnel, ni justifié. C’est possiblement bourré de préjugés ou de stéréotypes. Mais c’est réel.

INSTINCT NATUREL

Une méfiance de la part d’un nombre grandissant de citoyens s’installe vis-à-vis les carrés rouges. On associe maintenant, à tort ou à raison, ce symbole à la violence, voire même au terrorisme.

On me répliquera qu’il s’agit d’un amalgame islamophobe. Mais, ne sont-ce pas justement les étudiants qui établissent des parallèles douteux en auto-qualifiant leur mouvement de « printemps érable »?

On me reprochera aussi de faire peur au public en utilisant le mot « terrorisme ».  Les quatre étudiants soupçonnés d’avoir lancé les bombes fumigènes font maintenant face à des accusations « d’incitation à craindre un acte terroriste », article 83.231 du Code criminel. Avec l’escalade des derniers jours, j’ai le désagréable devoir de vous informer qu’on est rendu là.

VAINCRE LA TERREUR

Les évènements malheureux survenus jeudi matin marquent un point tournant dans la saga étudiante. Le nombre de sympathisants arborant le carré rouge diminue déjà considérablement. Ces derniers jours, les manifestations nocturnes à Montréal attirent aussi moins de monde.

En plus, un groupe d’activistes radicaux, Force étudiante critique, invite maintenant ses militants à s’attaquer aux médias.

Ayant été dans la mire d’Al Qaida à Bagdad pendant la guerre, il en faudra un peu plus de la part de nos terroristes en herbe pour m’intimider. J’ai appris une petite chose en Irak sur la façon de se comporter face à ceux qui prônent le renversement de la démocratie libérale et du capitalisme: ne rien changer à nos habitudes. Ne nous laissons pas terroriser. Gardons l’œil bien ouvert et continuons notre vie normalement.

On doit combattre la peur de descendre dans le métro pour aller au boulot, la peur de franchir les piquets des boycotteurs pour rentrer en classe ou la peur d’écrire des vérités qui choquent.

Prenez le métro paisiblement! Tentez pacifiquement d’assister à vos cours! Moi, je vais juste continuer à écrire ce que je pense…

LES VRAIS GAGNANTS SONT…

- 6 mai 2012

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Ce matin, beaucoup de monde se demande quoi penser de cette fin de conflit étudiant. D’une part, nous sommes très heureux de voir enfin retourner en classe les élèves qui boycottent leurs cours depuis trop longtemps.

De l’autre, on se questionne tous pourquoi ça traine depuis près de trois mois. Faudra-t-il désormais prendre la rue afin de semer la terreur lors de manifs violentes si on souhaite être entendu par ce gouvernement?

TOUS MEURTRIS

Il suffisait d’une négociation de vingt heures pour en arriver à une entente. Le Premier ministre Jean Charest, les leaders étudiants et quelques commentateurs soutenaient hier que tous en sortent gagnants. Rien n’est plus faux!

Le gouvernement libéral sauve la face en maintenant sa hausse des frais de scolarité mais fait tout de même des concessions avec la CLASSE. Les représentants étudiants peuvent clamer que leur boycott a « porté fruit » puisqu’ils obtiennent une nouvelle entente qui prévoit une réduction des frais afférents à la suite d’éventuelles économies dégagées dans la gestion des universités. Ils avalent néanmoins la hausse des droits de scolarité de 1778$, étalée sur sept ans.

Les vrais gagnants ne seront donc pas les étudiants, ni les libéraux et encore moins les contribuables.

LE PARRAIN

Les vrais gagnants sont ceux qui ont concocté la crise et, paradoxalement, la sortie de crise: les trois grandes centrales syndicales!

Dès le départ, les associations étudiantes ont été « prises en charge » par leurs grands frères syndicaux. Les centrales comptaient parmi les premiers à appuyer publiquement les revendications étudiantes. Elles finançaient aussi généreusement les jeunes activistes.

Rappelez-vous qu’on a même appris que des syndicats étrangers finançaient le boycott. Par exemple, plus de 50,000$ furent transférés du Syndicat canadien de la fonction publique d’Ontario à la CLASSE.

Plus les manifestants sont nombreux et bruyants dans les rues, plus le syndicat estime qu’il peut faire pression sur le gouvernement, le menacer et l’intimider à son tour.

DES INTRUS?

Qu’est-ce que les président de la FTQ, de la CSN et de la CSQ (Michel Arsenault, Louis Roy et Réjean Parent) faisaient autour de la table de négo vendredi et samedi? Quand on sait que 78% des dépenses dans nos universités vont à payer les salaires de leurs membres, voulaient-ils s’assurer de ne pas faire leur part dans l’entente entre étudiants et gouvernement?

Au lieu de défendre l’intérêt de ceux qui étudient, les leaders étudiants semblent avoir laissé le renard syndical s’occuper de leur poulailler.

Le plus long conflit étudiant de l’histoire du Québec n’aura, dans ce sens, pas été totalement inutile. Il aura permis aux tribunaux de démontrer que chaque étudiant à le droit d’accéder à ses cours, peu importe ce que souhaitent les syndicalistes-étudiants. Il a aussi surement réveillé quelques étudiants afin de leurs faire réaliser qu’ils auraient intérêt à se débarrasser du renard corporatiste qui prétend vouloir leur bien.

Il a finalement soulevé une question lourde de conséquence sur notre réalité politique: Est-ce que ce sont les centrales syndicales qui mènent le gouvernement, les associations étudiantes et le Québec? On en a vraiment eu l’impression ce week-end!

 

L’HYPOCRITE CARRÉ ROUGE DE PAULINE

- 29 avril 2012

Marois carré rouge

La cheffe péquiste a tenté hier, lors de son passage à l’émission Larocque-Lapierre, de préciser sa pensée au sujet des droits de scolarité. Madame Marois serait maintenant, si on lit entre les lignes, favorable à une hausse au niveau de l’inflation.

Il faut rappeler qu’elle était en 1995 pour le gel des frais de scolarité. Elle proposait cependant le dégel en 1998, avant de favoriser à nouveau le gel en 2005, puis le dégel en 2007. Depuis quelques semaines, elle s’objecte néanmoins à la hausse proposée par les libéraux mais elle promet, une fois élue, de convoquer un sommet avant de décider le niveau d’une nouvelle hausse.

En fait, pour connaitre la dernière position Marois sur le sujet, un ami me suggère mi-sérieux d’aller consulter le calendrier des marées sur le site de Pêches et Océans Canada.

LA SOIF DU POUVOIR

Si Pauline Marois vacille sur ses véritables intentions en matière d’éducation, elle sait cependant ce qu’elle souhaite pour elle-même: devenir Première ministre.

Voyant le mécontentement étudiant, impatiente d’accéder à la plus haute fonction, elle réclame maintenant, à grands cris, le déclenchement d’élections.

À vouloir plaire à tous, à arborer le carré rouge, à moduler ses politiques en fonction de son auditoire, à descendre manifester dans la rue, à s’associer à la CLASSE, Madame Marois joue avec le feu.

«Quand ça fait trop longtemps qu’on est au pouvoir, on n’entend plus ce que la population dit», lançait-elle hier.

Encore faudrait-il que l’alternative représente un tant soit peu un renouveau, pas une politicienne de carrière à la langue de bois depuis quatre décennies.

Le Premier ministre peut trouver l’idée d’aller en élections dans le contexte actuel « grotesque » et accuser judicieusement Marois d’opportunisme, il devra bientôt se rallier à sa proposition et partir en campagne.

ON VEUT DES ÉLECTIONS!

La situation devient intenable. En démocratie, c’est le peuple qui décide. Ce ne sont pas deux ou trois leaders étudiants-syndicalistes intoxiqués aux idéaux communistes qui gouvernent le Québec, encore moins des casseurs masqués.

L’actuelle crise n’a pas d’autre issue. Céder à la violence estudiantine enverrait le pire des messages, celui que nos dirigeants se laissent terroriser par des voyous. Nommer un négociateur démontrerait une faiblesse de leadership.

Pour ceux qui n’en peuvent plus des manifs quotidiennes nocturnes, espérons le meilleur scénario: on se tape encore quelques manifs ou émeutes avant que Jean Charest nous convoque aux urnes le 11 juin prochain.

On ne votera malheureusement pas sur le désastreux bilan libéral mais bien plutôt sur le dénouement à cette crise. Ceux qui souhaitent la gratuité scolaire votent Québec solidaire. Ceux qui appuient la hausse actuellement proposée ont le choix entre les libéraux de Charest ou les caquistes de François Legault. Enfin, pour ceux qui veulent signer un chèque en blanc à une politicienne usée, il reste la dame décorée de son équivoque carré rouge.

C’est tellement frustrant de voir un gouvernement aussi incompétent et potentiellement corrompu n’avoir pratiquement pas d’opposition. La prochaine campagne électorale s’annonce comme une partie de Scrabble où Jean Charest jouera contre des illettrés…

Merci Gabriel Nadeau-Dubois!

- 22 avril 2012

Jean et Gabwork

S’il n’est pas trop ingrat, voici la lettre de remerciements que devrait faire parvenir cette semaine le Premier ministre Jean Charest au porte-parole de la CLASSE Gabriel Nadeau-Dubois:

Assemblée nationale du Québec, le 23 avril 2012

Cher Gab,

L’archange Gabriel était le messager de Dieu qui communiquait la bonne nouvelle à ses prophètes.

Je ne suis évidemment pas le bon Dieu mais tu es certainement mon ange qui s’apprête à me ressusciter politiquement.

Je puis t’assurer aujourd’hui qui tu auras propagé en un peu plus de deux mois la bonne nouvelle libérale comme aucun de mes fidèles.

Toi et la racaille cagoulée aurez même réussi à faire tomber la cheffe péquiste, Pauline Marois, dans notre piège. Elle manifeste maintenant à vos côtés avec son carré rouge. T’es un génie mon Gaby!

Au cours des derniers jours, vous avez aussi été extraordinaires en vous déchirant sur la place publique pour savoir s’il faut, oui ou non, condamner la violence. Voilà la question! Avec des adversaires comme vous, qui peut être contre moi?

Vous travaillez tellement fort, même pendant la grève, que vous réussissez à rallier une écrasante majorité derrière le gouvernement le plus impopulaire et potentiellement le plus corrompu de l’histoire du Québec. C’est-tu pas assez extraordinaire ça?

Mes propres sondeurs n’en croient pas leurs yeux. Lorsque ma ministre Lise Thériault a maté les gros bras de la FTQ-construction l’automne passé, les libéraux avaient eu un certain succès mais jamais une manne comme tu nous offres généreusement. Ça m’émeut!

L’élection que je déclencherai dans quelques jours sera quasi-référendaire. Pauline va être contente. LA question: voulez-vous un Premier ministre qui se tient debout pour défendre les intérêts des contribuables et assurer la sécurité du public ou préférez-vous le chaos d’une syndicaliste souverainiste au carré rouge, dans la rue avec les voyous étudiants?

Si tu souhaites m’aider encore un peu plus, on pourrait organiser des débats dans les centres d’accueil où tu pourrais faire peur aux petites vieilles pendant que je vais tenter de les rassurer et leurs apporter des soins.

Comme affiches électorales, je pourrais même acheter vos vieux carrés rouges et les recycler pour enlever au ciseau un petit carré dans le coin supérieur droit. Ça donnerait un gros « L » libéral rouge. On l’as-tu l’affaire?

D’un homme politiquement brulé et calciné, je ne croyais plus ma propre résurrection possible. Mais là, c’est la trinité: je suis le seul à me battre contre des syndicats mafieux acoquinés avec l’opposition, à avoir le courage de porter des accusations criminelles contre Tony Accurso et à me tenir debout face au terrorisme étudiant. Pour ceux qui croient au paradis, je peux même parler du Plan Nord.

Sans toi, mon archange préféré, jamais ma réélection pour un quatrième mandat consécutif comme Premier ministre du Québec n’eut été possible.

Le Parti libéral du Québec est une grande famille qui t’offrira le ciel jusqu’à la fin de tes jours pour tes précieux services. Vois-tu ce que je veux dire?
;-)
MERCI! MERCI! M-E-R-C-I !!!

Ton plus fidèle fan,

Jean Charest

CARRÉ BLANC

- 15 avril 2012

Drapeau Blanc

L’heure est venue pour les étudiants d’agiter le drapeau blanc en signe de reddition dans la guerre qui les oppose au gouvernement libéral sur la hausse des frais de scolarité. La cloche sonne. Le retour en classe presse.

Vendredi dernier, Anne-Marie Dusseault a même lancé au visage du porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, que le boycott étudiant a atteint un «point de rupture». Le refus des leaders étudiants de dénoncer les nombreux saccages commis récemment est en train de leur «faire perdre toute crédibilité». Un message aussi fort venant de la papesse de la gauche médiatique témoigne de l’ultime perte de sympathie envers les boycotteurs.

ROUGE LIBÉRAL

Il y a bien plus déshonorant que de rendre les armes et de s’avouer vaincu: s’acharner à envoyer ses troupes servir de chaire à canon dans un combat perdu d’avance.  À forcer de prendre la population en otage et de cautionner par le silence des vandales du bien public, les leaders syndicalistes-étudiants se sont mis la majorité à dos.

Le plus récent sondage réalisé par Forum Reasearch confirme d’ailleurs une remontée des libéraux de Jean Charest. Dans la région de Québec, le Parti libéral réussit même à prendre les devants. Les citoyens de la capitale nationale étant plus politisés que les autres, ils sont souvent à l’avant-garde des nouvelles tendances politiques. Ça fait peur!

S’ils poursuivent aveuglément leur fanatique lutte, les manifestants violents finiront involontairement par provoquer bientôt la réélection des libéraux.

NOIR CONSTAT

Ils ont en fait transformé la cause légitime de la jeune génération qui se sent complètement abandonnée par ses élites politiques en caricature de voyous masqués.

Certains étudiants comprennent que l’avenir s’assombrit et développent une frustration compréhensible devant le peu d’écoute de leurs aspirations. Ils se servent des actuelles manifs comme exutoire. C’est archi-vrai qu’aucun gouvernement n’aurait toléré qu’un conflit avec un autre groupe de citoyens s’éternise et s’envenime de cette façon. Nos élus n’ont aucun intérêt ni volonté à plaire aux plus jeunes. Politiquement, ils si fichent de l’avenir.

LE CIEL EST BLEU

Une lueur d’espoir apparait cependant au milieu de cette noirceur. Autant ce conflit aura miné la crédibilité des leaders syndicalistes-étudiants, autant il permet de mettre au monde un nouveau champion de la liberté d’étudier au Québec. La victoire de Laurent Proulx, cet étudiant de l’Université Laval qui a obtenu une injonction pour avoir l’assurance d’assister sans entrave à ses cours, redonne espoir à ceux qui pensent que le modèle syndical actuel peut et doit changer.

Proulx en inspire maintenant plusieurs à suivre son exemple dans pratiquement tous les établissements affectés afin de dénoncer sur la place publique l’absence de démocratie étudiante, à revendiquer le droit de chacun d’assister à ses cours.

Les gauchistes traitent Proulx d’individualiste, de scab ou d’égoïste. Je trouve, au contraire, qu’il en inspire et libère des dizaines de milliers d’autres. Il utilise le système judiciaire en vue de rappeler que nous vivons dans une société respectueuse de ses minorités et des droits fondamentaux de chaque individu.