Les étudiants ne voulaient pas d’un moratoire insignifiant. Trois mois, ça ne les intéressaient pas. Non, ce qu’ils souhaitaient, ils l’ont dit à la table des négos, c’était un moratoire pas mal plus long. Deux ans, genre.
Autrement dit, un gel de deux ans, le temps que le PQ prenne le pouvoir. Astucieux.
Ils toléreraient un gel d’une année, c’était l’ultime compromis. Mais pas moins que ça. C’est le prix de la paix sociale.
Cela leur permettrait de faire le «pont» par dessus les prochaines élections.
Ce serait utile au cas où la population, qui appuie déjà la hausse des droits de scolarité, décidait de réélire les libéraux ou de porter la CAQ au pouvoir.
Les étudiants ne s’inquiètent pas de l’élection du PQ, au contraire, ils la souhaitent. Le PQ, ils en rêvent. Les péquistes portent d’ailleurs le petit carré rouge caractéristique des rebelles. Le carré de «l’équité», selon Pauline Marois.
«C’est le signe qu’il y a à l’Assemblée nationale, un parti qui représente les jeunes», a insisté Mme Marois, ce matin, devant un invité spécial du PQ… Léo Bureau-Blouin, le président de la FECQ…
Jean Charest croit, lui, qu’elle «creuse son trou» et qu’elle portera ce petit carré comme le Christ a jadis porté sa croix… Enfin bref, je vous raconte ça pour que vous compreniez de quoi il retourne, sur le plan politico-politique.
Ça fait drôle parfois, de voir cette petite tache sanguine épinglée sur des habits coûteux. Ou sur des robes faites sur mesure… J’en ai même vu à la poitrine de fonctionnaires. C’est comme un code vestimentaire, le carré rouge, le sac à dos, la barde…
C’est vrai que, pour certains membres du SFPQ et du SPGQ, la gratuité, c’est naturel… comme la gravité.
Jean Charest ne manque d’ailleurs pas une occasion de le souligner, ce petit carré rouge au corsage de Pauline Marois.
«Elle va le porter pour le reste de sa vie», a-t-il dit mardi.
Mme Marois dit maintenant que c’est une référence à l’équité. L’autre jour, elle a poussé plus loin le bouchon de la générosité intergénérationnelle en promettant aux étudiants de leur rembourser la malheureuse hausse.
Ceux qui ne croyaient plus au Père Noël iront bientôt en pèlerinage à l’Île Bizard.
Plus sérieusement, c’est pour ce positionnement politique du PQ, favorable aux étudiants contre la hausse (et donc du côté des syndicats), que Jean Charest enrage. Selon lui, et selon une majorité de libéraux, l’État ne doit pas reculer devant les actes de violence qui se multiplient depuis des semaines.
Ça nous mènerait où? Sur son blogue, le député péquiste Martin Lemay écrit que ce que l’on voit ces temps-ci à Montréal rappelle les violences de certains régimes… Dans une lettre fictive à un jeune militant de gauche, il pose la question suivante : «Comment expliquer que nous soyons bien au fait des horreurs attribuables à l’extrême-droite, mais qu’il pèse un silence troublant sur ceux commis par l’extrême-gauche?»
On sait ce qui c’est passé en Allemagne mais on ne parle jamais des horreurs du régime soviétique. Notre époque fait la belle vie à la gauche…