Des prédictions… et des vacances

- 1 août 2014

Amateurs de la NFL, il ne reste que quelques semaines à patienter avant que la saison ne se mette en branle. Et ces quelques semaines, pour ma part, seront passées en vacances familiales!

Je serai de retour le 25 août pour décortiquer tout ce qu’il y a à décortiquer avant cette saison qui promet, comme toujours, son lot de rebondissements. Bien sûr, je ne me priverai certainement pas de continuer de suivre les derniers développements lors des camps d’entraînement et des matchs présaison qui débutent d’ailleurs ce week-end avec le traditionnel match du «Hall of Fame». Je vous reviendrai à la fin de mois avec des analyses dans Le Journal et sur ce blogue. D’ici là, c’est la relâche partout!

J’aimerais quand même vous lire, chers passionnés de football. Quelle équipe ira jusqu’au bout cette année? Quelles sont les agréables surprises et les déceptions que vous entrevoyez dans vos boules de cristal? Quels joueurs connaîtront une saison du tonnerre? Bref, c’est l’heure de vos prédictions!

Pour ma part, je vous invite à consulter mes prédictions dans Le Journal à la fin août. Je vous reviendrai avec les dates précises. En attendant, à vous la parole et débattez avec respect. Je souhaite à tous ceux qui n’ont pas encore savouré les vacances d’apprécier le moment. J’espère, pour les autres, que vous avez été rassasiés cet été.

À vos claviers!

L’héritage de Pat Bowlen

- 23 juillet 2014

Le Denver Post a obtenu une primeur bien triste, mercredi. Le propriétaire des Broncos de Denver, Pat Bowlen, se voit forcé de se mettre à l’écart, lui qui souffre de la maladie d’Alzheimer.

Dès 2009, le Canadien (il est né au Wisconsin, mais a grandi au Canada et détient toujours la nationalité canadienne) qui a aujourd’hui 70 ans avait révélé qu’il souffrait de problèmes de mémoire à court terme. Sa condition a évolué vers cette damnée maladie qui affecte des millions d’individus. Il est toujours dommage de souligner les mérites de grands bâtisseurs une fois qu’ils sont malades ou décédés, mais dans le cas de Bowlen, tout amateur de la NFL se doit de prendre une pause et d’apprécier sa grande contribution.

Bowlen a acheté les Broncos en 1984, il y a 30 ans, pour la somme de 78 millions. Les succès répétés de l’équipe depuis font qu’aujourd’hui, Forbes estime la valeur actuelle des Broncos à 1,16 milliard! Il faut dire qu’en 30 ans sous la férule de Pat Bowlen, les Broncos ont représenté un modèle de succès avec six présences au Super Bowl, dont deux triomphes en 1997 et 1998. La saison dernière, Bowlen est devenu le premier propriétaire de l’histoire dont l’équipe a enregistré 300 victoires en 30 ans. Durant son règne, les Broncos n’ont connu que cinq saisons perdantes, un fait d’armes remarquable qui démontre la qualité de l’organisation qu’il a su mettre en place. Bien sûr, en pareilles circonstances, une large part du mérite revient à ses hommes de football au fil des ans, mais combien d’organisations s’empêtrent dans le défaitisme et la morosité sans jamais s’en sortir? Avant son arrivée à la barre, les Broncos n’avaient atteint qu’une fois le Super Bowl en 23 ans et n’avaient connu que huit saisons gagnantes. Comme quoi bien souvent, le succès débute en haut de la pyramide.

Si son impact sur les Broncos est évident, il est aussi notable pour l’essor de la ligue dans son ensemble. Bowlen a en effet été largement impliqué sur les comités de droits de télévision, notamment. Rappelons que l’an dernier, les 32 équipes se sont partagé la rondelette somme de 6 milliards à cet effet…

C’est maintenant Joe Ellis, le président de l’équipe, qui assumera les tâches de Pat Bowlen, de concert avec le légendaire John Elway. L’équipe n’est évidemment pas en danger, puisque l’un des sept enfants de Bowlen en prendra charge éventuellement. En attendant, parions que les Broncos, qui appréciaient énormément leur grand patron, feront tout pour lui ramener un trophée Vince-Lombardi cet hiver. La quête ne sera pas facile.

Retour sur les propos de Tony Dungy

- 21 juillet 2014

L’ancien entraîneur-chef des Buccaneers et des Colts, Tony Dungy, gagne maintenant sa vie à titre d’analyste et on doit donc s’attendre à ce qu’il émette des opinions qui vont parfois plaire et d’autres fois déplaire. Ce qu’il a laissé entendre dans le dossier de Michael Sam a de quoi surprendre, sans nécessairement choquer.

Cette semaine, Dungy a indiqué qu’il n’aurait jamais repêché l’ailier défensif Michael Sam, premier joueur ouvertement homosexuel dans la NFL.

«Je ne l’aurais pas pris. Pas parce que je ne crois pas que Sam aura la chance de jouer, mais je ne voudrais pas avoir à composer avec tout ça. Ça ne se passera pas tout en douceur. Des choses vont se produire», a-t-il indiqué.

En soi, cette déclaration n’a rien de si controversée. C’est plutôt le fait qu’elle vienne de Dungy, un homme posé et reconnu pour sa nature très discrète. S’il y a un entraîneur bourré de ressources et assez intelligent pour composer avec les distractions pouvant être occasionnées par la présence dans l’équipe du tout premier joueur gai à s’afficher publiquement, j’aurais bien pensé que c’était Dungy!

Soyons clair, Dungy n’a rien dit qui puisse être considéré comme injurieux à l’égard de Sam, qui a été sélectionné au 249e rang du dernier repêchage par les Rams. Par contre, il sous-entend qu’il n’aurait pas valu la peine de se donner des maux de tête avec une situation potentiellement explosive. Voilà qui surprend, surtout lorsqu’on pense au fait que lorsqu’il dirigeait les Buccaneers, en 2000, Dungy avait obtenu le controversé receveur Keyshawn Johnson, dans un échange avec les Jets qui avait fait beaucoup de bruit. Il n’y avait pas plus énorme contraste avec le tempérament calme de Dungy que la grande gueule de Keyshawn Johnson!

Évidemment, il ne faut pas s’enfoncer la tête dans le sable. Dans le monde viril et macho de la NFL, la présence de Sam dans un vestiaire dérangera assurément. Certains adversaires, mais même des coéquipiers, ne l’accepteront pas comme de bons enfants de coeur. Bien sûr que comme Dungy l’a affirmé, tout ne se déroulera pas sans embuche. On parle d’une situation sans précédent dans la NFL.

N’empêche, les propos de Dungy étonnent, venant d’un type comme lui. Au moins, il a exprimé le fond de sa pensée sans se réfugier derrière l’anonymat, qu’on aime ou qu’on condamne ce qu’il a dit.

Et vous, chers lecteurs, si vous étiez directeur général d’un club de la NFL, auriez-vous la même façon de voir les choses que Tony Dungy? Auriez-vous repêché Sam même si son orientation sexuelle risque de créer certains remous?

Que faire avec Josh Gordon?

- 8 juillet 2014

Les Browns de Cleveland ont toute une patate chaude entre les mains. Josh Gordon, un receveur dont le talent ne fait aucun doute, s’est de nouveau embourbé dans une histoire liée à ses problèmes de consommation, le week-end dernier. Couper les ponts et lui donner la chance de faire le ménage dans sa vie ou lui prodiguer toute l’aide nécessaire?

Arrêté dans la nuit de samedi pour conduite avec facultés affaiblies, Gordon fait encore parler de lui pour de mauvaises raisons, lui qui avait échoué un autre test anti-dopage plus tôt en mai. Sans parler de ses frasques des années passées… Déjà, il était passible d’une suspension pour toute la durée de la saison à venir. À la fin juillet, Gordon doit rencontrer le commissaire Roger Goodell pour implorer sa clémence. Disons que l’oreille du commissaire risque de ne pas être attentive plus qu’il le faut aux arguments du receveur étoile…

Dommage, très dommage, qu’un tel talent soit en mode auto-destruction. On parle quand même du receveur qui a dominé ses pairs dans la NFL avec 1646 verges la saison dernière. Ce n’est pas rien, mais encore trop peu de gens en font état parce qu’il évolue dans le petit marché de Cleveland, au sein d’une équipe qu’on regarde de haut parce qu’elle n’a fait les séries qu’une seule fois depuis sa renaissance, en 1999. Pour une rare fois depuis cette résurrection, les Browns misaient sur un joueur de talent capable de changer un match à lui seul. Il aurait été intéressant de le voir évoluer avec Johnny Manziel, mais ce mariage semble de plus en plus improbable.

L’histoire de Gordon n’est pas sans rappeler celle de Cris Carter, receveur étoile des Vikings dans les années 1990 et qui vient d’être intronisé au Temple de la renommée après une carrière mémorable. Pourtant, cette même carrière avait débuté de manière chaotique lorsque ses problèmes de consommation d’alcool et de cocaïne avaient poussé les Eagles à le mettre à la porte. Rescapé au Minnesota, Carter a ensuite fait montre d’un comportement exemplaire.

D’ailleurs, Carter lui-même s’est prononcé dans les derniers jours en mentionnant que les Browns devraient libérer Gordon. Selon lui, c’est la seule façon de pousser l’être humain en difficulté dans ses derniers retranchements. Il a souvent, en entrevue dans le passé, remercié les Eagles de l’avoir poussé à se prendre en main, plutôt que de leur tenir rigueur. D’autres croient au contraire que Gordon crie à l’aide et que les Browns doivent tout faire pour ne pas lui tourner le dos. Qu’ils pourraient ensuite s’en mordre les doigts.

Qu’en dites-vous, chers lecteurs? Croyez-vous que Gordon peut encore chasser ses démons et rebondir à Cleveland? Lui faut-il impérativement un nouveau départ? La politique anti-dopage de la NFL donne-t-elle toutes les chances aux joueurs de retrouver le droit chemin?

L’épineuse question des contrats

- 16 juin 2014

La rumeur qui planait depuis déjà un certain temps se concrétisera. L’ailier rapproché vedette des 49ers de San Francisco, Vernon Davis, ne se présentera pas au mini-camp des siens, en guise de protestation à l’égard de sa situation contractuelle.

La nouvelle en soi n’a rien de si extraordinaire, mais la situation mérite d’être examinée. En gros, voici le portrait: En 2010, Davis paraphait une nouvelle entente de 5 ans avec les 49ers, une entente devant lui rapporter 37 millions $, dont 23 millions garantis. Ce contrat, à l’époque, faisait de lui l’ailier rapproché le mieux payé à travers la NFL. Or, depuis, Rob Gronkowski (Patriots) et Jason Witten (Cowboys) ont obtenu plus d’argent. Davis estime que son jeu a progressé depuis la signature de son contrat et que son talon de paie devrait être ajusté en conséquence.

Voici exactement ce qu’il a dit de la situation, lundi matin, dans le cadre de sa chronique sur le site MMQB.com:

«Quatre ans plus tard, je joue mieux que je jouais alors, ce qui explique pourquoi je fais la grève. C’est une question d’être payé à ma juste valeur. Ce n’est rien de compliqué. Je veux que les 49ers remportent le Super Bowl et je veux être sur le terrain cet été pour travailler à atteindre ce but, mais je dois d’abord me préoccuper de mon avenir. La plupart de mes coéquipiers et plusieurs joueurs dans la NFL sont d’accord. Quelques-uns ne le sont pas. Derrière des portes closes, ils diront qu’ils ne pensent qu’à l’équipe et qu’ils défonceraient un mur de briques pour leur organisation. Mais lorsque l’on regarde plus attentivement, ils font des choses contradictoires. Je ne peux écouter personne sauf ma famille et mes conseillers, parce que ce sont ces gens qui seront à mes côtés quand le football me laissera inévitablement tomber.»

Donc, tout ça pour dire que Davis ne se rapportera pas aux 49ers, avec qui il souhaite renégocier son contrat. Sera-t-il sur place pour le début du camp d’entraînement officiel à la fin juillet? Nul ne le sait. Souvent, les joueurs mécontents finissent par se rapporter après avoir tenté de faire pression. Peu importe, Davis agit-il de la bonne manière selon vous?

Il y a deux façons de voir les choses. D’une part, on peut se dire que Davis a signé un contrat en 2010 et qu’il doit l’honorer. Qu’il est déjà très bien payé et que rien ne justifie qu’il soit l’ailier rapproché le mieux payé du circuit. D’autre part, on peut au contraire se dire que les joueurs doivent penser à eux, puisque les contrats dans la NFL ne sont aucunement garantis. En effet, une équipe peut décider en tout temps de mettre fin à une entente si le joueur ne répond pas aux attentes ou si la structure salariale de l’organisation doit être revue. Bref, Davis fait-il bien de penser à son avenir ou son contrat devrait-il primer sur tout?

Adieu, Chuck Knoll

Je m’en voudrais de mettre à jour ce blogue sans glisser un mot sur le décès de l’un des plus grands entraîneurs-chefs de l’histoire de la NFL, Chuck Knoll. Les supporteurs des Steelers perdent un icône, qui a dirigé pendant 23 ans chez les Steelers, montrant un dossier de 209-156-1. Plus important encore, il a mené les Steelers à quatre titres du Super Bowl, eux qui ne présentaient que sept saisons gagnantes et une seule présence en séries avant son arrivée en 1969. Reposez en paix, M. Knoll.