LaDainian Tomlinson a pris une sage décision en annonçant sa retraite de la NFL plutôt que de se couvrir de ridicule en étirant indûment la sauce avec des saisons qui auraient presque fait oublier à quel point il a été un grand joueur. J’insiste sur le terme grand joueur, car Tomlinson est beaucoup plus qu’un grand demi offensif.
Ses multiples qualités en ont fait un incontournable dans l’offensive des Chargers de San Diego pendant plusieurs saisons. Oui, il était constamment menaçant au sol, mais il a aussi été fort utile dans les situations de passes, autant par ses nombreuses réceptions que pour sa capacité à bloquer. Tomlinson, vraiment, c’est la définition même du joueur complet à sa position.
Ceux qui suivent le football depuis peu se souviendront malheureusement de ses deux dernières campagnes à San Diego, alors qu’il était blessé et qu’on l’apercevait souvent à la caméra, l’air détaché et boudeur au bout du banc. Ces deux saisons ordinaires ont été suivies par deux autres couci-couça chez les Jets, qui n’ont pas ajouté à son aura non plus.
Pour moi, Tomlinson représente beaucoup et pas seulement parce qu’il m’a permis d’être «gras dur» comme pooler!!! Le numéro 21 pourrait être l’un des derniers piliers d’une époque en or pour les porteurs de ballon. De plus en plus, les équipes de la NFL se tournent vers une approche en comité pour porter le ballon. Un demi pour les deux premiers essais, un autre pour les troisièmes essais et un autre près de la zone des buts.
Tomlinson, à son apogée, faisait tout ça et surtout, il le faisait diablement bien! Ses 145 touchés au sol constituent le deuxième plus haut total de l’histoire derrière un certain Emmitt Smith. Quand ça chauffait près de la zone des buts, tout le monde dans le stade savait que Tomlinson s’en venait. Et vous savez quoi? Et bien il rentrait pareil! Plusieurs pensent à tort qu’un touché est presque donné à deux verges de la zone des buts. Pourtant, année après année, des équipes pestent parce que leur gros porteur choisi exclusivement pour accomplir ce boulot, n’y parvient pas. Ou pire, il échappe le ballon…
Que dire de Tomlinson, le receveur? Lors de neuf saisons dans sa carrière, il a capté au moins 50 passes. C’est du gros, gros stock ça mes amis! En plus de ses 13 684 verges au sol, ce qui s’avère le cinquième plus haut total dans l’histoire, il a ajouté 4772 verges par la passe, un total impressionnant. Le journaliste de Sports Illustrated Peter King, dans sa colonne du lundi, dresse d’ailleurs une comparaison fort intéressante avec un autre grand porteur des dernières années, l’illustre Marshall Faulk (http://sportsillustrated.cnn.com/2012/writers/peter_king/06/18/mmqb/index.html?sct=nfl_t11_a0)
Tout ça pour dire que Tomlinson sera éligible au Temple de la renommée en 2018. À mon humble avis, il mérite d’y entrer dès sa première année, mais des surprises sont survenues à quelques reprises dans le passé avec de grands joueurs qui attendent parfois longtemps.
Selon vous, Tomlinson sera-t-il intronisé dès 2018? Mérite-t-il cet honneur? Pourquoi?