Archives pour juillet 2012

Pour vrai, les 49ers?

- 31 juillet 2012

Les camps d’entraînement battent leur plein partout dans la NFL et une question me traverse sans cesse l’esprit… Je suis incapable de déterminer si je crois ou non aux 49ers de San Francisco.

Sur papier, il n’y a aucune raison de douter de leurs succès de l’an dernier et pas plus de raisons de douter du fait qu’ils ont toutes les chances de répéter. Après tout, ils ont joué de l’incroyable football défensif durant toute la saison, sauf peut-être en séries face aux Saints et aux Giants. Il n’en demeure pas moins qu’ils n’ont alloué que des miettes au sol toute l’année durant et que leurs 11 partants reviennent. À l’attaque, le jeu au sol déjà solidement articulé autour de Frank Gore et du jeune Kendall Hunter devrait être revu à la hausse avec l’arrivée du gros Brandon Jacobs et de l’explosive recrue LaMichael James. Les receveurs, qui constituaient le gros point d’interrogation dans cette équipe, ont vu se greffer à leur groupe le choix de première ronde AJ Jenkins, le vieillissant mais dangereux Randy Moss, ainsi qu’un des héros du dernier Super Bowl avec les Giants, Mario Manningham.

Surtout, il ne faut pas oublier que les Niners évoluent dans la division la plus pathétique des dernières années, eux qui luttent contre les Rams, les Seahawks et les Cardinals, trois équipes qui pourraient toujours surprendre, mais qui en arrachent pour le moment.

Pourquoi donc mes doutes persistent-ils? Parce que je ne cesse de me dire que dans la NFL en 2012, la bonne vieille recette voulant qu’on court et qu’on freine la course, est pratiquement révolue. Parce que je me dis que l’arrivée de l’énergique Jim Harbaugh a certes fouetté les troupes l’automne dernier, mais reste à voir si l’effet perdurera. Parce que je me dis que les 49ers ont aussi vogué sur une saison incroyable en matière de revirements, ce qui ne peut être toujours le cas. Enfin, parce qu’Alex Smith…

Bien qu’il ait admirablement bien joué en séries, le doute persiste. Quand l’équipe a eu besoin de son bras en séries face aux Saints, Smith a répondu de brillante façon. Est-il enfin sorti de sa coquille ou a-t-il connu un autre grand flash éphémère, comme quelques fois auparavant dans sa carrière?

Si j’avais à me prononcer immédiatement sur une prédiction concernant le sort des 49ers cette saison, je serais très, très, très embêté. Une partie de moi les voit parmi les équipes dangereuses et souhaite le retour de leurs bonnes vieilles méthodes pour gagner des matchs (je suis un puriste du football dans l’âme). Une autre partie de moi les voit parmi les déceptions de l’année.

Je vais donc y penser encore un peu et me faire une véritable tête sur le phénomène. Je présume que vous avez tous votre petite idée sur les Niners. Je vous laisse la parole pour l’instant.

Que les camps commencent!

- 25 juillet 2012

Les camps d’entraînement se mettent en branle à gauche et à droite dans la NFL. Ce que ça signifie, c’est que dans les semaines à venir, on parlera davantage de football que de contrats, d’arrestations et d’autres mauvais coups qui donnent souvent une mauvaise image aux joueurs durant la saison morte. Un seul mot: Enfin!

Les équipes les plus précoces ont débuté officiellement leurs activités lundi et les autres suivent peu à peu. Des tonnes de questions et parfois même quelques réponses commenceront à surgir d’un peu partout.

Peyton Manning est-il redevenu lui-même? De quoi auront l’air les Saints, dépouillés de quelques entraîneurs et joueurs de qualité? Comment s’adaptera le quart-arrière des Chargers, Philip Rivers, à sa nouvelle collection de receveurs? Les Bills de Buffalo vont-ils enfin se classer en séries avec une défensive améliorée? Les Giants ont-ils ce qu’il faut pour répéter? Combien de semaines Mark Sanchez s’accrochera-t-il à son poste avant que ne monte la controverse avec Tim Tebow? Dez Bryant deviendra-t-il enfin un peu plus mature qu’un gamin écervelé de 10 ans? Ah, tant de questions…

Pour vous, quelles seront les surprises et les déceptions cette saison? Vite comme ça, j’entrevois dans ma boule de cristal de belles surprises du côté des Chiefs et des Panthers. Je pense que les Eagles regagneront le respect de leurs partisans échaudés par les fausses promesses l’an dernier. Je pense que ce sera difficile pour les Giants de rééditer leurs exploits de l’an dernier, trop teintés de remontées de dernière minute. Je pense que les Bears et les Packers se livreront une lutte de tous les instants dans la NFC North. Je crois également que les Vikings se battront… pour le premier choix au prochain repêchage.

Et vous, à quoi vous attendez-vous cet automne? On jase, là!

Penn State: sanctions méritées

- 23 juillet 2012

Joe Paterno, Jerry Sandusky et le programme de football des Nittany Lions de Penn State ont longtemps soulevé l’admiration des amateurs de football collégial américain. Le coup de massue porté par la NCAA replace toutefois les choses dans une plus juste perspective.

Je me permets un bref changement d’univers dans ce blogue habituellement 100% dédié à la NFL. Les sanctions décernées à Penn State sont toutefois trop importantes pour que je ferme les yeux. Très importantes, mais justes et amplement méritées, si vous me demandez mon humble avis. Ce que Paterno et compagnie ont réalisé sur le terrain, je suis bien d’accord, personne ne pourra jamais leur enlever. Mais ce qui s’est passé dans les douches et à portes closes, ça aussi, la NCAA ne pouvait l’ignorer et a démontré par la sévérité de son coup de massue que l’intérêt des jeunes passerait toujours devant l’adulation trop souvent aveugle des amateurs, tenus malgré eux dans le néant.

Bref, pour résumer, Penn State y goûte pas à peu près! Une amende plus que salée de 60 millions $… Quatre ans sans pouvoir participer aux bowls, sans toucher à tous les bidous et au prestige que cela implique… Privation de 20 bourses d’études annuelles pendant quatre ans… Un droit spécial octroyé aux joueurs de quitter sur-le-champ le programme pour se dénicher une autre université… Les victoires de Joe Paterno accumulées en 1998 et 2011 sont rayées de la carte, ce qui fait glisser le célèbre entraîneur au 12e rang de l’histoire. Voilà!

Le programme de football s’en sort massacré avec une réputation à rebâtir de A à Z. Certains diront que c’est trop sévère. Ils amèneront certainement leurs arguments et je veux bien les entendre. Mais je ne vois pas comment on me fera changer d’idée lorsque la vie de jeunes a été chamboulée par l’esprit pervers du pourtant très brillant coordonnateur défensif Sandusky. Pourquoi alors retirer les victoires à Paterno et passer le prestigieux programme de football de Penn State au hachoir? Parce qu’il le fallait bien, en raison du silence inacceptable de ce même Paterno et de cette même université, qui se sont montrés indirectement complices d’un crime odieux en choisissant de protéger leur programme plutôt que le présent et l’avenir de jeunes hommes décimés psychologiquement par les abus. Oui, Paterno a avisé les autorités concernées à Penn State. Mais que vaut réellement un avertissement émis du bout des lèvres?

Qu’en pensez-vous? Penn State méritait-elle de telles sanctions? Pourquoi?

De gros dossiers réglés

- 17 juillet 2012

Peut-être que seuls les véritables mordus étaient au courant, mais c’était la journée «Franchise Tag» dans la NFL lundi, ce qui a permis de régler plusieurs gros dossiers de joueurs mécontents, mais aussi d’en laisser d’autres sur les tablettes pour encore plusieurs mois.

D’abord, pour les non-initiés, qu’est-ce que ça mange en hiver un «Franchise Tag»??? En bon français, on pourrait parler de joueur de concession. C’est-à-dire que lorsque le contrat d’un joueur clé dans une équipe vient à échéance et qu’il doit devenir agent libre, l’équipe peut le désigner comme joueur de concession. Elle lui accorde ainsi une prolongation de contrat d’une saison, avec un salaire équivalent à la moyenne des cinq meilleurs salaires à sa position.

Côté argent, c’est pas mal du tout. Sauf que les joueurs ont en sainte horreur ce fameux «Franchise Tag» parce qu’ils recherchent la sécurité à long terme et les contrats lucratifs assortis de bonis de signature alléchants. Lundi, les clubs avaient jusqu’à 16 h pour s’entendre à long terme avec leurs «Franchise Tags», sans quoi les joueurs concernés devaient se résigner à accepter le pacte d’un an. Dans ces cas, la suite des événements se traduit souvent en grève ou en guerre de mots dans les médias. En quelques occasions, aucun des deux clans ne fait de vagues, mais c’est plutôt rare.

Revenons donc à nos joueurs de concession dont les dossiers ont été réglés. Dans le cas de Drew Brees, passons vite, car tout a été dit dans un précédent article sur ce blogue. Les Bears ont enfin mis un terme à leur longue et très publique dispute contractuelle avec leur porteur de ballon vedette, Matt Forte. Ce dernier a été récompensé d’un contrat de 4 ans pour 32 millions $. Même genre de contrat à Baltimore pour le porteur Ray Rice, qui a signé pour cinq ans à 40 millions $.

Les deux joueurs sont des pièces importantes du casse-tête dans leur attaque, puisqu’ils sont tous deux appelés à courir, évidemment, mais aussi à capter bien des passes. En quatre saisons, Forte n’a jamais capté moins de 51 passes. J’admire ce joueur, mais mon seul bémol à son sujet, c’est qu’il n’a jamais obtenu plus de 1238 verges de gains au sol, à sa saison recrue. Faut dire que la ligne offensive des Bears n’est pas la dominance incarnée!

Dans le cas de Rice, je considère la «promotion» encore plus justifiée. Il a terminé au deuxième rang pour le nombre de verges au sol l’an dernier avec 1364, en plus de capter 76 passes et de cumuler 15 touchés par voie terrestre et aérienne. Il n’a que 25 ans et peut donc donner encore quatre à cinq très grosses saisons aux Ravens avant de ralentir. Évidemment, le pari est toujours risqué avec les porteurs, souvent victimes de sérieuses blessures lorsqu’ils ont le ballon aussi souvent.

Dans les dossiers qui demeurent en suspens, je note bien sûr le cas de Wes Welker avec les Patriots. Il est plutôt étonnant que les deux partis n’aient même pas pris la peine de négocier, selon ce que rapportent les médias de Boston. Welker, depuis 2007, est le receveur qui a capté le plus de passes dans la NFL avec des saisons de 112, 111, 123, 86 et 122 réceptions. C’est lui qui a cumulé le quatrième plus haut total de verges à travers la ligue durant cette période. Le tout avec un contrat de cinq ans pour 18 millions $ (environ 3,6 millions $ par saison).

Il faut croire que les Pats craignent son âge (31 ans) et que le fait qu’ils aient investi 54 millions $ sur 6 ans pour le sublime ailier rapproché Rob Gronkowski ait freiné leurs ardeurs. Restera aussi à accorder une augmentation du genre à l’autre dangereux ailier rapproché, Aaron Hernandez, qui n’a que 22 ans. Peut-être que les Pats pensent pouvoir remplacer Welker, eux seuls le savent.

Petite note en terminant sur un joueur défensif, Cliff Avril, des Lions. L’ailier défensif toujours jeune et prometteur se disait optimiste d’en arriver à une entente, mais il n’y a toujours rien de réglé. Dommage, car la force des Lions ne réside définitivement pas du côté défensif.

L’énigme Drew Brees

- 12 juillet 2012

Il n’y a aucun doute, Drew Brees fait partie de l’échelon supérieur de sa profession. Peu rivalisent avec ses aptitudes au poste de quart-arrière. Il n’y aucun doute non plus, les Saints de la Nouvelle-Orléans ont besoin de lui et ne peuvent s’offrir le luxe de le laisser filer vers d’autres cieux l’an prochain. Mais pourquoi diable n’arrivent-ils donc pas à s’entendre sur un contrat à long terme?

Brees continue de se dire optimiste, comme il l’affirme depuis le début des houleuses négociations avec la direction de l’équipe qu’il a ressuscitée des morts. Les Saints continuent de dire que tout va se régler. Or, les deux partis ont jusqu’à lundi pour s’entendre et selon les rumeurs, ils seraient toujours à 10 millions $ d’écart sur un contrat d’une durée de cinq ans pour une valeur oscillant autour de 100 millions $.

Brees a été désigné comme le «franchise tag» (joueur de concession) par l’équipe. En bon français, cela signifie qu’il est lié aux Saints pour la prochaine campagne au salaire de 16 millions $. Oui, c’est beaucoup d’argent, mais à 33 ans et toutes ses dents, Brees est en droit d’espérer une entente à long terme. Pas que 16 millions, ce soit peu d’argent, qu’on me comprenne bien! Je ne pleurerai quand même pas sur le sort des athlètes, qui tentent parfois de nous faire larmoyer sur leur sort en parlant d’assurer la survie de leur famille avec des salaires qui raviveraient le tiers monde.

Sauf que le fait est qu’il y a un marché selon l’offre et la demande dans le sport et que Brees mérite LARGEMENT d’être parmi les joueurs les mieux payés à sa position, sinon LE mieux payé. Regardons les faits: Brees a non seulement ressuscité les Saints (avec ses coéquipiers bien sûr, mais il a été la pièce maîtresse de cette reconstruction quasi soudaine en 2006), il a remporté le Super Bowl. Il est également fort impliqué dans une communauté qui a été dévastée par l’ouragan Katrina. Sur le plan statistique, il pulvérise évidemment les records. Certains diront que l’attaque est centrée autour de lui et que l’entraîneur-chef Sean Payton lui donne toutes les chances du monde de passer même avec de confortables avances, mais le fait est que les chiffres sont là pour servir sa cause. Autre point important, Brees est toujours au rendez-vous, il ne rate jamais un match, un entraînement, un meeting. Il est le visage de la concession, celui qui a le plus contribué à la sortir d’un marasme financier qui laissait planer nombre de rumeurs de déménagement.

Il est essentiel aussi de rappeler qu’à sa dernière année à San Diego avec les Chargers en 2005, Brees a joué le jeu du «franchise tag» sans trop rouspéter pour obtenir une sécurité à long terme. Résultat? Une grave blessure à l’épaule subie au dernier match de la saison a fait chuter drastiquement sa valeur sur le marché des agents libres. Il s’est alors entendu avec les Saints sur un contrat de six ans pour 60 millions $, un contrat qui a rapporté beaucoup plus aux Saints qu’à Brees selon les règles salariales modernes du sport. Il a écoulé la durée de son contrat sans gueuler même s’il figurait clairement parmi l’élite à sa position et que cette même élite empoche près de 20 millions $ annuellement. Encore là je le répète, 60 millions, c’est infiniment d’argent, je sais. Mais en terme de moyenne annuelle, c’est peu en comparaison de certains confrères.

Quelques exemples? Philip Rivers empoche une moyenne de 14 millions annuellement. Michael Vick, près de 17 millions $. Eli Manning, un peu plus de 15 millions $. Bref, qui joue sur la même valeur de contrat que Brees? Matt Cassell, mes amis! (6 ans, 63 millions $).

Les Saints et Brees devraient s’entendre sous peu, c’est une question de temps. Il ne jouera pas ailleurs au terme de la prochaine campagne, j’en suis convaincu. Mais de grâce, évitez le conflit qui ferait en sorte que Brees ne se présenterait pas au camp d’entraînement. Évitez les attaques dans les médias. Les négociations interminables laissent trop souvent des traces. Le mariage entre Brees et les Saints est trop parfait pour le briser.

Qu’en dites-vous?