Joe Paterno, Jerry Sandusky et le programme de football des Nittany Lions de Penn State ont longtemps soulevé l’admiration des amateurs de football collégial américain. Le coup de massue porté par la NCAA replace toutefois les choses dans une plus juste perspective.
Je me permets un bref changement d’univers dans ce blogue habituellement 100% dédié à la NFL. Les sanctions décernées à Penn State sont toutefois trop importantes pour que je ferme les yeux. Très importantes, mais justes et amplement méritées, si vous me demandez mon humble avis. Ce que Paterno et compagnie ont réalisé sur le terrain, je suis bien d’accord, personne ne pourra jamais leur enlever. Mais ce qui s’est passé dans les douches et à portes closes, ça aussi, la NCAA ne pouvait l’ignorer et a démontré par la sévérité de son coup de massue que l’intérêt des jeunes passerait toujours devant l’adulation trop souvent aveugle des amateurs, tenus malgré eux dans le néant.
Bref, pour résumer, Penn State y goûte pas à peu près! Une amende plus que salée de 60 millions $… Quatre ans sans pouvoir participer aux bowls, sans toucher à tous les bidous et au prestige que cela implique… Privation de 20 bourses d’études annuelles pendant quatre ans… Un droit spécial octroyé aux joueurs de quitter sur-le-champ le programme pour se dénicher une autre université… Les victoires de Joe Paterno accumulées en 1998 et 2011 sont rayées de la carte, ce qui fait glisser le célèbre entraîneur au 12e rang de l’histoire. Voilà!
Le programme de football s’en sort massacré avec une réputation à rebâtir de A à Z. Certains diront que c’est trop sévère. Ils amèneront certainement leurs arguments et je veux bien les entendre. Mais je ne vois pas comment on me fera changer d’idée lorsque la vie de jeunes a été chamboulée par l’esprit pervers du pourtant très brillant coordonnateur défensif Sandusky. Pourquoi alors retirer les victoires à Paterno et passer le prestigieux programme de football de Penn State au hachoir? Parce qu’il le fallait bien, en raison du silence inacceptable de ce même Paterno et de cette même université, qui se sont montrés indirectement complices d’un crime odieux en choisissant de protéger leur programme plutôt que le présent et l’avenir de jeunes hommes décimés psychologiquement par les abus. Oui, Paterno a avisé les autorités concernées à Penn State. Mais que vaut réellement un avertissement émis du bout des lèvres?
Qu’en pensez-vous? Penn State méritait-elle de telles sanctions? Pourquoi?