Brian Urlacher ne voulait pas se résigner à la retraite. Il espérait que les Bears l’attendent de nouveau à bras ouverts après 13 saisons pour la plupart glorieuses. Son équipe de toujours lui a dit non merci et le célèbre secondeur a sagement choisi d’accrocher ses épaulettes.
Je dis sagement, parce qu’à mon humble avis, c’était la bonne décision. Par les années passées, Urlacher a été éprouvé par toutes sortes de blessures. Samedi, il aura 35 ans. Était-il encore en mesure de s’aligner avec une autre équipe qui aurait bien voulu de lui et d’offrir un niveau de jeu intéressant? Oui, sans doute! Mais pourquoi diable de grands joueurs comme Urlacher se contenteraient de récolter leur chèque en offrant, justement, un niveau de jeu pas mieux qu’intéressant? Le pilier de la défensive des Bears commençait déjà à décliner. Pourquoi étirer la sauce indûment?
Je suis heureux de voir Urlacher quitter discrètement, sans attirer toute l’attention sur lui, bien qu’il méritera éventuellement un hommage aussi vibrant que senti de la part de l’équipe qu’il a si loyalement servi. La rumeur voulait qu’il se retrouve chez les Vikings, ennemis jurés des Bears. Imaginez la saga qui aurait suivi et qui n’aurait pas manqué de rappeler tout la bruit entourant la défection de Brett Favre vers le Minnesota. Les deux situations ne se comparent évidemment pas en tout point, mais Urlacher se retire sans controverse et c’est très bien ainsi.
À chaque fois qu’un très bon joueur se retire, je vous pose la question. Quelle est sa place dans l’histoire? Dans le cas d’Urlacher, je n’hésite pas une seconde: il passera de Chicago à Canton, au Temple de la renommée, dans cinq ans.
Urlacher fait partie d’un club sélect de quatre joueurs dans l’histoire à revendiquer plus de 40 (41,5) sacs et 20 (22) interceptions. Il a cumulé un total monstrueux de 1353 plaqués. Il fait aussi partie d’un cercle restreint de sept joueurs à avoir mis la main sur les titres de recrue défensive de l’année et de joueur défensif de l’année.
Mais surtout, au-delà des statistiques, il a été le coeur et l’âme des Bears, prenant dignement la relève des secondeurs mythiques qui ont fait la légende de ce club, les Mike Singletary et Dick Butkus.