Tim Tebow n’est plus dans la rue depuis que les Patriots lui ont consenti un contrat de deux ans. Tebow chez les Pats? De kossé, diront certains…
Pourtant, la logique n’est pas bête du tout et je m’explique. Pour espérer relancer sa carrière, comme quart-arrière ou à toute autre position, Tebow devait tomber entre les mains d’une organisation crédible, bien dirigée et dont le quart-arrière partant ne souffre d’aucun complexe. En Nouvelle-Angleterre, il se retrouve non seulement sous la férule de Bill Belichick, mais aussi de Josh McDaniels, l’homme qui lui a fait confiance en le repêchant en première ronde chez les Broncos en 2010 et qui est maintenant coordonnateur offensif des Pats. L’adorateur du Seigneur retrouvera donc son premier mentor dans la NFL tout en ayant le luxe d’apprendre derrière l’inébranlable Tom Brady et son adjoint Ryan Mallett, un jeune quart talentueux que les Patriots continuent de développer. Contrairement à Mark Sanchez l’an dernier, les cris incessants de «TE-BOW, TE-BOW, TE-BOW» ne se feront certainement pas entendre à la première gaffe de Brady. Ou même Mallett. La situation est claire, elle ne laisse pas place à la moindre interprétation.
Dans cette organisation, il n’y aura pas de fausse promesse. Tebow s’amène comme troisième quart-arrière, en théorie. Parce que là-dessus, le très peu volubile coach Belichick n’a rien voulu confirmer quant à la position à laquelle Tebow sera utilisé. «On verra comme ça va», s’est-il contenté de répondre sur le sujet. Quoiqu’il en soit, il faut s’attendre à ce que le rôle de Tebow demeure somme toute très accessoire cette saison. Connaissant la propension de Belichick de laisser son offensive sur le terrain à plusieurs reprises en situations de quatrième essai, Tebow pourrait devenir utile à cet effet ou encore lors de quelques jeux truqués. À 242 lb, il peut très bien faire le boulot sur quelques jeux comme centre arrière ou ailier rapproché. Mais n’imaginez surtout pas que Brady va sortir du terrain à tout moment pour laisser la place à Tebow. Ce serait indécent!
Vous vous souvenez l’an dernier lorsque Rex Ryan, entraîneur-chef des Jets, avait laissé entendre que Tebow pourrait être utilisé sur 15 à 20 jeux par match? Et bien vous n’entendrez jamais une telle lubie farfelue chez les Pats. D’ailleurs, sa nouvelle équipe ne lui doit pas le moindre sou avant le début de la saison, ce qui veut dire qu’il pourrait toujours être libéré dans les trois prochains mois sans qu’il en coûte quoique ce soit à l’organisation. Belichick trouvera sans doute un moyen de le garder, mais s’il ne voit pas l’utilité qu’il peut apporter à l’équipe, il le larguera comme un vieux chandail à capuchon déchiré.
En vérité je vous le dis, Tebow chez les Pats, ce n’est pas si bête. Il s’agit d’un risque minime, voire inexistant pour l’équipe, mais qui peut rapporter gros dans certaines situations bien définies.De plus, existe-t-il une meilleure organisation pour composer avec le cirque médiatique qu’engendre la venue de Tebow?
S’il ne sera peut-être jamais un grand quart-arrière, Tebow demeure un athlète hors pair doté d’un désir de vaincre incroyable. Ces qualités ne s’enseignent pas.