Peut-être que seuls les véritables mordus étaient au courant, mais c’était la journée «Franchise Tag» dans la NFL lundi, ce qui a permis de régler plusieurs gros dossiers de joueurs mécontents, mais aussi d’en laisser d’autres sur les tablettes pour encore plusieurs mois.
D’abord, pour les non-initiés, qu’est-ce que ça mange en hiver un «Franchise Tag»??? En bon français, on pourrait parler de joueur de concession. C’est-à-dire que lorsque le contrat d’un joueur clé dans une équipe vient à échéance et qu’il doit devenir agent libre, l’équipe peut le désigner comme joueur de concession. Elle lui accorde ainsi une prolongation de contrat d’une saison, avec un salaire équivalent à la moyenne des cinq meilleurs salaires à sa position.
Côté argent, c’est pas mal du tout. Sauf que les joueurs ont en sainte horreur ce fameux «Franchise Tag» parce qu’ils recherchent la sécurité à long terme et les contrats lucratifs assortis de bonis de signature alléchants. Lundi, les clubs avaient jusqu’à 16 h pour s’entendre à long terme avec leurs «Franchise Tags», sans quoi les joueurs concernés devaient se résigner à accepter le pacte d’un an. Dans ces cas, la suite des événements se traduit souvent en grève ou en guerre de mots dans les médias. En quelques occasions, aucun des deux clans ne fait de vagues, mais c’est plutôt rare.
Revenons donc à nos joueurs de concession dont les dossiers ont été réglés. Dans le cas de Drew Brees, passons vite, car tout a été dit dans un précédent article sur ce blogue. Les Bears ont enfin mis un terme à leur longue et très publique dispute contractuelle avec leur porteur de ballon vedette, Matt Forte. Ce dernier a été récompensé d’un contrat de 4 ans pour 32 millions $. Même genre de contrat à Baltimore pour le porteur Ray Rice, qui a signé pour cinq ans à 40 millions $.
Les deux joueurs sont des pièces importantes du casse-tête dans leur attaque, puisqu’ils sont tous deux appelés à courir, évidemment, mais aussi à capter bien des passes. En quatre saisons, Forte n’a jamais capté moins de 51 passes. J’admire ce joueur, mais mon seul bémol à son sujet, c’est qu’il n’a jamais obtenu plus de 1238 verges de gains au sol, à sa saison recrue. Faut dire que la ligne offensive des Bears n’est pas la dominance incarnée!
Dans le cas de Rice, je considère la «promotion» encore plus justifiée. Il a terminé au deuxième rang pour le nombre de verges au sol l’an dernier avec 1364, en plus de capter 76 passes et de cumuler 15 touchés par voie terrestre et aérienne. Il n’a que 25 ans et peut donc donner encore quatre à cinq très grosses saisons aux Ravens avant de ralentir. Évidemment, le pari est toujours risqué avec les porteurs, souvent victimes de sérieuses blessures lorsqu’ils ont le ballon aussi souvent.
Dans les dossiers qui demeurent en suspens, je note bien sûr le cas de Wes Welker avec les Patriots. Il est plutôt étonnant que les deux partis n’aient même pas pris la peine de négocier, selon ce que rapportent les médias de Boston. Welker, depuis 2007, est le receveur qui a capté le plus de passes dans la NFL avec des saisons de 112, 111, 123, 86 et 122 réceptions. C’est lui qui a cumulé le quatrième plus haut total de verges à travers la ligue durant cette période. Le tout avec un contrat de cinq ans pour 18 millions $ (environ 3,6 millions $ par saison).
Il faut croire que les Pats craignent son âge (31 ans) et que le fait qu’ils aient investi 54 millions $ sur 6 ans pour le sublime ailier rapproché Rob Gronkowski ait freiné leurs ardeurs. Restera aussi à accorder une augmentation du genre à l’autre dangereux ailier rapproché, Aaron Hernandez, qui n’a que 22 ans. Peut-être que les Pats pensent pouvoir remplacer Welker, eux seuls le savent.
Petite note en terminant sur un joueur défensif, Cliff Avril, des Lions. L’ailier défensif toujours jeune et prometteur se disait optimiste d’en arriver à une entente, mais il n’y a toujours rien de réglé. Dommage, car la force des Lions ne réside définitivement pas du côté défensif.