L’énigme Drew Brees

- 12 juillet 2012

Il n’y a aucun doute, Drew Brees fait partie de l’échelon supérieur de sa profession. Peu rivalisent avec ses aptitudes au poste de quart-arrière. Il n’y aucun doute non plus, les Saints de la Nouvelle-Orléans ont besoin de lui et ne peuvent s’offrir le luxe de le laisser filer vers d’autres cieux l’an prochain. Mais pourquoi diable n’arrivent-ils donc pas à s’entendre sur un contrat à long terme?

Brees continue de se dire optimiste, comme il l’affirme depuis le début des houleuses négociations avec la direction de l’équipe qu’il a ressuscitée des morts. Les Saints continuent de dire que tout va se régler. Or, les deux partis ont jusqu’à lundi pour s’entendre et selon les rumeurs, ils seraient toujours à 10 millions $ d’écart sur un contrat d’une durée de cinq ans pour une valeur oscillant autour de 100 millions $.

Brees a été désigné comme le «franchise tag» (joueur de concession) par l’équipe. En bon français, cela signifie qu’il est lié aux Saints pour la prochaine campagne au salaire de 16 millions $. Oui, c’est beaucoup d’argent, mais à 33 ans et toutes ses dents, Brees est en droit d’espérer une entente à long terme. Pas que 16 millions, ce soit peu d’argent, qu’on me comprenne bien! Je ne pleurerai quand même pas sur le sort des athlètes, qui tentent parfois de nous faire larmoyer sur leur sort en parlant d’assurer la survie de leur famille avec des salaires qui raviveraient le tiers monde.

Sauf que le fait est qu’il y a un marché selon l’offre et la demande dans le sport et que Brees mérite LARGEMENT d’être parmi les joueurs les mieux payés à sa position, sinon LE mieux payé. Regardons les faits: Brees a non seulement ressuscité les Saints (avec ses coéquipiers bien sûr, mais il a été la pièce maîtresse de cette reconstruction quasi soudaine en 2006), il a remporté le Super Bowl. Il est également fort impliqué dans une communauté qui a été dévastée par l’ouragan Katrina. Sur le plan statistique, il pulvérise évidemment les records. Certains diront que l’attaque est centrée autour de lui et que l’entraîneur-chef Sean Payton lui donne toutes les chances du monde de passer même avec de confortables avances, mais le fait est que les chiffres sont là pour servir sa cause. Autre point important, Brees est toujours au rendez-vous, il ne rate jamais un match, un entraînement, un meeting. Il est le visage de la concession, celui qui a le plus contribué à la sortir d’un marasme financier qui laissait planer nombre de rumeurs de déménagement.

Il est essentiel aussi de rappeler qu’à sa dernière année à San Diego avec les Chargers en 2005, Brees a joué le jeu du «franchise tag» sans trop rouspéter pour obtenir une sécurité à long terme. Résultat? Une grave blessure à l’épaule subie au dernier match de la saison a fait chuter drastiquement sa valeur sur le marché des agents libres. Il s’est alors entendu avec les Saints sur un contrat de six ans pour 60 millions $, un contrat qui a rapporté beaucoup plus aux Saints qu’à Brees selon les règles salariales modernes du sport. Il a écoulé la durée de son contrat sans gueuler même s’il figurait clairement parmi l’élite à sa position et que cette même élite empoche près de 20 millions $ annuellement. Encore là je le répète, 60 millions, c’est infiniment d’argent, je sais. Mais en terme de moyenne annuelle, c’est peu en comparaison de certains confrères.

Quelques exemples? Philip Rivers empoche une moyenne de 14 millions annuellement. Michael Vick, près de 17 millions $. Eli Manning, un peu plus de 15 millions $. Bref, qui joue sur la même valeur de contrat que Brees? Matt Cassell, mes amis! (6 ans, 63 millions $).

Les Saints et Brees devraient s’entendre sous peu, c’est une question de temps. Il ne jouera pas ailleurs au terme de la prochaine campagne, j’en suis convaincu. Mais de grâce, évitez le conflit qui ferait en sorte que Brees ne se présenterait pas au camp d’entraînement. Évitez les attaques dans les médias. Les négociations interminables laissent trop souvent des traces. Le mariage entre Brees et les Saints est trop parfait pour le briser.

Qu’en dites-vous?

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3 commentaires

  1. Stéphane Cadorette dit :

    Et bien, tout est bien qui finit bien. Brees et les Saints viennent de conclure, vendredi en début d’après-midi, un pacte de cinq ans pour la somme de 100 millions$. Mérité ou non, selon vous?

  2. Serge B. dit :

    j’en pense qu’une moyenne de plus de 1M$ par partie (en excluant les éliminatoires), c’est du cash en ta…

    Est-ce que NO va quand même avoir de l’argent pour se payer une ligne offensive et des receveurs?

  3. Stéphane Cadorette dit :

    À mon avis, il ne faut pas s’en faire avec les receveurs des Saints, que Brees fait fonctionner à outrance. Marques Colston et Jimmy Graham (ailier rapproché) feraient rougir bien des équipes, sans compter l’apport de Darren Sproles dans le champ-arrière. Devery Henderson est dangereux pour le long jeu. La ligne à l’attaque a perdu l’excellent Carl Nicks, maisil a été remplacé par un garde de bonne qualité en Ben Grubbs. Et oui, il semble rester de l’argent dans les coffres des Saints, qui se sont tout de même permis d’embaucher le plaqueur Brodrick Bunkley et le secondeur Curtis Lofton avec de gros dollars. C’est effectivement beaucoup d’argent pour Brees, mais c’était fondamental.

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