Une version plus longue:
Un nouveau consul général de France à Québec
Nicolas Chibaeff. Photo publiée sur le site Internet du journal Sud-Ouest
Paris a choisi un diplomate de carrière, Nicolas Chibaeff, à la tête de son consulat général à Québec.
Le décret de nomination a été signé le 11 septembre par le président français François Hollande.
Né en 1958, M. Chibaeff a fait une bonne partie de sa carrière à l’ambassade française à Moscou (1991-1995 puis 2002 à 2006). En 2010, il fut commissaire général de l’Année France-Russie.
« Ses goûts personnels le portent depuis longtemps vers le monde la culture à travers notamment une activité de collectionneur dans le domaine de l’art contemporain et une pratique musicale régulière », peut-on lire dans une biographique quasi-officielle qui circule sur Internet du nouveau consul général.
Avec celui de Jérusalem, le consulat général de France à Québec est un des postes les plus importants de la diplomatie française. L’élection d’un gouvernement péquiste, qui entretient de très bonnes relations avec les socialistes au pouvoir en France, rend le poste d’autant plus central.
En pleine phase de transition en vue de former le gouvrenement, le PQ n’a pas réagi dans l’immédiat à la nomination de M. Chibaeff.
L’extradition de Belhassen Trabelsi n’est pas pour demain!
Belhassen Trabelsi, Archives, AFP
Malgré les déclarations enthousiastes du ministre tunisien de la Justice, une éventuelle extradition de Belhassen Trabelsi – beau-frère de l’ex-président Ben Ali – du Canada vers la Tunisie n’aurait rien d’imminent.
« Notre demande (d’extradition) est sur le point d’être acceptée, juridiquement c’est plus compliqué mais nous allons y arriver », s’est félicité le ministre Noureddine Bhiri dans une entrevue donnée à une radio locale, lundi.
Qu’est-ce qui explique l’emballement du ministre tunisien?
Belhassen Trabelsi a perdu son statut de résident permanent en mai dernier. Il a fait appel de cette décision devant la Cour supérieure en jurant qu’il y aurait un risque pour sa vie et pour celle de ses proches s’il devait être expulsé vers la Tunisie. Or, le 27 juin dernier, la Cour fédérale a refusé d’entendre l’appel de Trabelsi. Ce dernier a donc définitivement perdu son statut de résident permanent au Canada. La décision ne peut plus être contestée judiciairement.
Après une cogitation de 24 heures, le ministère canadien de la Justice a réagi mardi soir aux déclarations officielles tunisiennes. « Les pourparlers avec les responsables du gouvernement tunisien se poursuivent. Comme la question concerne des communications confidentielles entre États, nous ne sommes pas en mesure d’élaborer davantage », nous a prudemment fait savoir Julie Du Mambro, attachée de presse du ministre Rob Nicholson.
S’agissant de la question du gel des biens, Mme Du Mambro précise que « les biens des personnes associées à l’ancien dictateur tunisien Ben Ali ont été bloqués en vertu de la nouvelle Loi sur le blocage des biens des dirigeants étrangers corrompus, que notre gouvernement a fait adopter. Aucun bien n’a été saisi à ce jour. Le partage des biens saisis, s’il devait y en avoir, sera équitable pour tous les pays intéressés et s’effectuera conformément au Règlement sur l’aliénation des biens saisis ».
N’empêche
Malgré la perte définitive du statut de résident permanant, il demeure un obstacle judiciaire de taille à une éventuelle extradition.
Parallèlement à la première procédure – perdue par Trabelsi comme expliqué plus haut , le frère de Leila Ben Ali a déposé une demande de statut de réfugié. Cette requête n’a pas encore été entendue. Selon les informations du blogue Couscous et poutine, la désignation d’une date d’audience serait imminente. Si la décision devait lui être défavorable, Trabelsi aurait de toutes façons la possibilité de la contester et de demeurer ainsi au Canada pendant au moins quelques mois encore.
Contacté par téléphone, l’avocat de Belhassen Trabelsi, Mohamed Hédi Lakhoua, a estimé que le ministre tunisien de la Justice « fait de la politique » en laissant entendre que son client serait bientôt extradé. « Il a intérêt à dire c’est sur le point d’aboutir. Ça ne l’engage à rien! Mais Il n’est pas dans le secret des dieux. La décision sera prise par un juge et non pas par des hommes politiques canadiens », soutient l’avocat Lakhoua.
« Dénuement total »
Aussi surprenant que cela puisse sembler, l’ancien homme fort de Tunis vivrait « cloîtré» dans un « petit appartement de Montréal » avec sa femme et ses enfants. « J’ai visité cet appartement et je peux vous dire que mon client vit dans le dénuement le plus total. Ses amis lui payent le loyer. Il a à peine de quoi vivre! », assure l’avocat.
En avril dernier, M. Trabelsi s’est dit disposé à rentrer en Tunisie. L’avocat Lakhoua précise cependant que son client attend l’adoption d’une loi sur la justice transitionnelle lui garantissant un procès libre.
Dans un autre ordre d’idées, un gendre de Ben Ali – Sakhr El Materi – vient d’être expulsé du Qatar. Ce dernier possède une villa cossue à Westmount, voisine de celle de l’ancien premier ministre Jean Charest.
Le « socialiste » Poirier « vend (sa) salade »
Jean Poirier prêt à boxer. Photo : Archives
Jean Poirier, candidat péquiste dans Mercier, s’est illustré ce mardi, jour J–1 du lancement de la campagne électorale, avec une déclaration qui pourrait bientôt rattraper son parti.
En point de presse aux côtés de la chef Pauline Marois, M. Poirier n’a pas hésité à se qualifier de « socialiste ». « Je suis pour le socialisme, comme M. Khadir », a-t-il lancé dans une envolée oratoire. Il a ensuite poussé l’audace jusqu’à se comparer, un peu maladroitement, à Gérald Godin, jadis député de la même circonscription.
Certes, le terme « socialiste » n’a rien d’un gros mot (nous ne sommes tout de même pas aux États-Unis), mais c’est tout à fait le genre de propos que Jean Charest se fera un plaisir d’exploiter pour tenter de déstabiliser Pauline Marois (au moment du débat des chefs?) et la dépeindre comme radicale.
Sur RDI, vers 15h, le même Jean Poirier a glissé qu’il « (va) travailler jour et soir pour vendre (sa) salade »! Même si le Petit Robert offre une définition neutre de cette expression, il n’est pas du tout certain que le rôle d’un candidat soit de « vendre sa salade » aux électeurs.
Ce matin, ma collègue Marianne White parlait d’une « lutte féroce » à venir dans Mercier. Il est vrai que le PQ voulait en découdre depuis longtemps avec le solidaire Amir Khadir.
Le syndicaliste Jean Poirier s’est fait connaitre du grand public le printemps dernier au moment de son passage à l’émission Tout le monde en parle. « Le gouvernement conservateur est présentement un dictateur », s’était-il emporté, suscitant les vivats du public.