Une « drôle de guerre » électorale au Québec

- 31 juillet 2012

plongeon

Caricature de Ygreck publiée dans le Journal de Québec à la mi-juillet

La comparaison est exagérée, mais le Québec se trouve un peu, en ce 31 juillet, dans la situation de l’Europe en 1939-1940. La « drôle de guerre » électorale québécoise fait en sorte que les armes sont bien chargées et brandies, mais que le joueur-arbitre Jean Charest n’a pas encore tout à fait donné le signal de départ.

Dans ce contexte, les libéraux semblent garder un semblant de mystère sur les détails organisationnels des prochaines heures. L’investiture de Jean Charest à Sherbrooke n’a été confirmée qu’en fin de matinée, alors que les deux principaux réseaux d’information en continu l’avaient déjà annoncée. Sur place, la première question des journalistes portait justement sur ces énigmes préélectorales.

Mieux encore, le rassemblement libéral de mercredi soir à Québec – censé lancer les hostilités – est entouré par le plus grand des mystères. Il y a quelques jours, le quotidien la Presse soutenait que « le parti de Jean Charest a réservé le Domaine Cataraqui, non loin du centre-ville de la capitale, pour un grand rassemblement partisan, le (mercredi) 1er août ».

Or, le Journal a appris que les libéraux invitaient plutôt leurs militants à un rassemblement au Centre Durocher, dans le quartier Saint-Sauveur, mercredi, à partir de 19h. Sans surprise, la vedette du spectacle sera le premier ministre sortant.

« Cataraqui? Une diversion peut-être pour ne pas avoir le comité d’accueil habituel », analyse une source libérale bien informée, suggérant ainsi que son parti n’avait aucune envie de voir les étudiants grévistes tenter de perturber ce lancement de campagne.

Pour l’investiture de M. Charest dans sa circonscription de Sherbrooke, ce soir, des actions militantes sont déjà prévues. Dans moins de deux semaines, d’autres perturbations sont au menu.

Paradoxalement, un éventuel durcissement de la lutte étudiante ferait l’affaire des libéraux, jure la FTQ.

Bref, la  « drôle de guerre » est bel et bien en marche…

- 10 juillet 2012

Au revoir Sylvain Trépanier (1964-2012)

- 8 juillet 2012

Sylvain_Trepanier_2008-08-08

Ne cherchez pas! Son nom ne vous dira probablement pas grand-chose. Il n’était pas du tout bon en « personal branding ». Il ne gérait pas plein de comptes Twitter et il se fichait de Facebook comme de sa toute première chemise.

Pourtant, ce 8 juillet 2012, peu avant 20h, le Québec a perdu une de ses plus belles plumes. La plume d’un prince du verbe qui informait ses lecteurs de façon aussi rigoureuse que drôle.

Sylvain a longtemps couvert les faits divers, un genre journalistique que les étudiants dédaignent souvent. Un « beat » moins « sexy » que les autres, chuchote-t-on (trop) souvent dans les universités et dans les salles de rédaction.

Pourtant, Sylvain savait ressortir du plus banal fait divers une histoire sympathique (voir deux de ses vieux textes ci-dessous*). Il maniait à merveille l’art du « lead ». L’art de raconter toute l’histoire du papier dans la première phrase tout en réussissant le tour de force de donner quand même envie aux lecteurs de lire la suite.

Pas flamboyant pour deux sous, Sylvain a relu avec attention les « leads » de ses jeunes collègues (dont moi-même). Sans jamais donner l’impression de faire la leçon, il a corrigé nos textes et nous a donné le conseil judicieux qui faisait la différence entre un lead moyen et un lead savoureux.

Sylvain s’est battu courageusement contre une sournoise maladie au cours des dernières années. Ce soir, l’inéluctable s’est produit. À sa conjointe et consœur Élisabeth, à son beau-père Robert et à son petit trésor Marion, bientôt quatre ans, j’offre mes condoléances les plus sincères.

Marion, tu es encore trop jeune pour le réaliser, mais sache que ton père est un géant et que le journalisme québécois est en deuil en ce triste dimanche soir.

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Journal de Québec, jeudi 23 avril 2009, page 25

Elle tient à sa cellule

Trepanier

Ne pas vouloir se retrouver en cellule, c’est une chose et ça peut toujours se comprendre, mais ne plus vouloir en sortir…

C’est pourtant la curieuse situation dans laquelle s’est retrouvée la police de Lévis qui s’est donné un mal de chien pour renvoyer chez elle une jeune femme de 19 ans qu’elle avait incarcérée dans une cellule.

Lundi soir, les patrouilleurs de la police de Lévis ont été appelés à se rendre dans un logement de la rue du Pré pour une affaire de désordre. Sur place, ils ont interpellé une jeune femme de 19 ans, fortement intoxiquée, qui se trouvait de surcroît en bris d’engagement. Les policiers ont arrêté la jeune femme et l’ont placée en cellule pour la nuit.

Jusque-là, c’est un grand classique. Là où la chose sort de l’ordinaire, c’est qu’au moment d’être libérée sur promesse de comparaître, la jeune femme a obstinément refusé de sortir de cellule.

S’était-elle trop attachée à son corps de police? Le petit déjeuner servi en cellule était-il à ce point succulent (nO 1 de chez Normandin)? Où la combinaison bed and breakfast aux frais de la reine lui permettait-elle des économies? L’histoire ne le dit pas, mais les policiers ont dû faire preuve de beaucoup de persuasion pour convaincre la détenue de re-prendre sa liberté.

Après lui avoir offert d’aller la reconduire chez elle en autopatrouille, la jeune femme, de guerre lasse, a décidé à reculons de se laisser traîner hors de son doux cocon.

Comme la fin justifie les moyens et que la jeune femme n’avait toujours pas renoncé à son idée fixe de retourner en cellule, elle a pris le moyen le plus simple pour réaliser son dessein et a commis le premier délit à sa portée : cracher tout simplement au visage des policiers.

Code criminel du Canada, article 270, voies de fait contre un agent de la paix et la jeune femme est retournée en cellule, d’où elle a été ressortie quelques heures plus tard pour comparaître en cour municipale.

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Précision : la republication de ce texte un peu particulier peut paraître bizarre voire même déplacée dans un contexte d’hommage. J’ai tellement adoré ce papier que j’ai prévenu Sylvain – le jour même de la publication originelle – que j’allais le ressortir lorsqu’il faudra bien lui rendre hommage. À l’époque, « Trép » avait rigolé de bon cœur à l’idée. Il y a quelques semaines, je lui avais rappelé ma « menace » et il avait encore une fois ri de bon cœur. Je partage donc cet « inside » avec vous.

Journal de Québec vendredi 9 février 2007

LE “DÉFÉQUEUR” ANONYME DE THETFORD MINES PRIS SUR LE FAIT

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Un homme qui déféquait près du réservoir et du lieu de traitement d’eau potable de Thetford Mines depuis près d’un mois a reçu un constat d’infraction de 100 $, après avoir été identifié grâce à une caméra de surveillance.

Le 29 janvier, le responsable de la surveillance des lieux au réservoir d’eau municipal et au traitement de celle-ci s’est présenté à la Sûreté municipale de Thetford Mines pour signaler que, depuis environ un mois, il lui était arrivé à plusieurs reprises de retrouver ce qui ressemble à des excréments humains et du papier hygiénique “usagé” derrière le bâtiment abritant les pompes pour l’eau potable de la ville.

Chaque fois, compte tenu des risques de contamination de l’eau par les excréments, le responsable devait nettoyer et désinfecter le secteur.

L’installation d’une caméra de surveillance a donc été choisie comme moyen pour mettre la main au… collet du contrevenant.

Le “déféqueur” anonyme ne s’est pas fait attendre et c’est sans grande surprise que la caméra de surveillance a pu saisir, dans toute sa splendeur délictueuse, le contrevenant faisant l’effort de circonstance à au moins trois reprises, s’essuyant minutieusement le popotin avant de quitter les lieux.

En regardant la bande vidéo, les policiers de Thetford Mines n’ont eu aucune difficulté à identifier l’emmerdeur, bien connu d’eux pour des délits divers.

Ce dernier, ayant 50 ans, a reçu un constat d’infraction de 100 $ en vertu du règlement municipal interdisant à “toute personne de jeter, lancer, déposer, laisser se répandre ou s’écouler, ou d’abandonner tout objet ou chose quelconque dans les rues, eaux ou cours d’eau de la Ville ainsi que dans tout endroit privé ou public.”

Il n’a pas été possible de savoir si l’homme agissait par vengeance envers la Ville de Thetford Mines, s’il posait un geste politique ou s’il tentait de donner naissance à une nouvelle forme de terrorisme.

Coucou mes “chums”!

- 22 juin 2012

Oyez, Oyez, braves gens! Le prestigieux dictionnaire Le petit Robert accepte (enfin?) d’inclure le mot “chum” dans son édition 2013!

Bonne lecture ici,  et .

La campagne se jouera aussi sur le Web!

- 18 juin 2012

À peine mise en ligne hier (dimanche),

la publicité quasi-électorale de Jean Charest est déjà parodiée:

Nul doute que la prochaine (et imminente) campagne électorale québécoise se jouera en bonne partie sur le Web.

PS: Au rythme où vont les clics sur la parodie, je pense bien qu’elle sera bientôt davantage vue que le message d’origine!

Ajout : Une autre parodie fait son apparition :